jeudi 17 avril 2014 03:48:42

Le Sénégal suspend l’expulsion d’Habré

Les autorités sénégalaises ont finalement annoncé qu’elles suspendaient la mesure d’expulsion prise contre Hissène Habré. Le ministre des Affaires étrangères Madické Niang est venu l’annoncer dimanche 10 juillet 2011 dans une déclaration à la radio-télévision publique, la RTS. Dans ce texte, le ministre a également indiqué que la création d’une juridiction spéciale était une « solution inacceptable » pour le Sénégal, ce qui renvoie potentiellement le dossier Habré plusieurs mois en arrière.

La déclaration du ministre sénégalais des Affaires étrangères Madické Niang a marqué la fin d’un long week-end de suspense. Vendredi 8 juillet, les autorités sénégalaises annonçaient leur volonté d’expulser Hissène Habré vers son pays, le Tchad. Cette annonce a vite fait l’unanimité contre elle : colère des avocats de l’ancien président, insatisfaction des victimes, regrets de la diplomatie belge qui a tenu à rappeler que le Sénégal s’était engagé à ne pas laisser Habré quitter son territoire.

Parmi ces appels, celui de Navi Pillay, la haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Navi Pillay qui a « exhorté » le Sénégal à revenir en arrière. Selon elle, l’expulsion d’Hissène Habré vers le Tchad aurait en effet pu constituer une violation du droit international. Les autorités sénégalaises disent que c’est compte-tenu de sa demande qu’elles ont décidé de suspendre la mesure d’expulsion. Elles souhaitent que des consultations s’engagent immédiatement avec les nations unies, l’Union africaine et la communauté internationale pour qu’une solution puisse intervenir rapidement.

D’ores et déjà, le Sénégal prévient que la solution d’une juridiction spéciale, d’une cour spéciale installée à Dakar, est « inacceptable ». C’est pourtant celle sur laquelle les Sénégalais travaillaient avec l’Union africaine depuis plusieurs mois.

Rejet de la solution préconisée par l’UA

A la suite de l’arrêt de la cour de justice de la Cédéao du 18 novembre 2010, il a fallu remettre l’ouvrage sur le métier et redessiner les modalités du procès d’Hissène Habré. Fin mars 2011, après avoir proposé sans succès de créer des chambres africaines extraordinaires, l’Union africaine met sur la table une nouvelle proposition. Elle suggère aux Sénégalais, pour juger Habré, la mise en place d’une Cour internationale qui pourrait siéger à Dakar. Le projet a deux avantages : il tient compte de l’arrêt de la cour de justice de la Cédéao et permet d’organiser le procès en respectant l’enveloppe budgétaire de 8,6 millions d’euros fixée par les bailleurs de fonds.

Pour le premier round de négociations, la délégation sénégalaise vient à Addis Abeba. Les travaux avec les experts de l’UA progressent rapidement. Il ne semble pas à l’époque y avoir de problèmes avec la création d’une juridiction spéciale, les deux parties vont même jusqu’à l’examen des statuts de cette cour spéciale. C’est au moment du second round de discussion, fin mai, à Dakar, que les autorités sénégalaises font comprendre leur rejet du nouveau projet. Elles annoncent dès l’ouverture de la rencontre qu’elles suspendent leur participation, sans expliquer pourquoi.

Le Sénégal dit aujourd’hui que les fondements d’une nouvelle juridiction sont « discutables ». Les victimes d’Habré, elles, voient dans ce dernier épisode du feuilleton Habré une nouvelle « manœuvre dilatoire ». Elles demandent l’extradition de l’ancien président tchadien vers la Belgique.

Source: JA

Plus

 

: INFOMANIA

Laissez votre marque

Powered By : My Wordpress Grage